QUE DIRE DE LA RUPTURE ENTRE DANIEL JACOBS ET SON ENTRAÎNEUR DE LONGUE DATE?

QUE DIRE DE LA RUPTURE ENTRE DANIEL JACOBS ET SON ENTRAÎNEUR DE LONGUE DATE?

Par Rénald Boisvert et Philippe Gougeon

Il y a déjà plus d’une année, Daniel Jacobs perdait par décision unanime des juges face à Canelo Alvarez. Malgré le fait que sa performance lors de ce combat ait été remarquable, Jacobs mettait fin abruptement à son association avec l’entraîneur Andre Rozier.

Pourquoi donc revenir sur cet événement? Tout d’abord, parce que leur séparation a donné lieu à quelques rebondissements intrigants. Mais aussi, disons-le! Cette rupture est une excellente occasion de nous interroger, plus largement, sur les principales sources de conflits qui interviennent dans la relation entre boxeurs et entraîneurs. 

Mais d’abord, commençons par résumer la position de Rozier telle que nous l’avons comprise à partir de ses déclarations aux médias. Nous tenterons ensuite de mieux saisir les raisons, restées obscures, qui ont poussé Daniel Jacobs à rompre cette relation.

Daniel Jacobs et Andre Rozier

UNE RELATION PÈRE-FILS 

Daniel Jacobs n’a que 14 ans lorsqu’il débute la boxe. Dès ses premiers pas, le jeune adolescent trouve en l’entraîneur Andre Rozier une sorte de figure paternelle. 

D’abord en tant qu’adjoint, puis à titre d’entraîneur-chef, Rozier épaule Jacobs tout au long de son développement amateur ainsi que dans la poursuite de plusieurs titres chez les professionnels. En 2011, alors que Jacobs doit interrompre momentanément sa carrière pour combattre un cancer, Rozier demeure à ses côtés pour le soutenir moralement. Les liens entre eux paraissent alors bien soudés.

Puis vint le jour où on annonce le combat contre Canelo Alvarez. Comme c’est toujours le cas pour les affrontements d’importance, le camp d’entraînement de Jacobs est précédé d’une tournée des médias. À propos de la tournée, Rozier déclare avoir passé des moments agréables en compagnie de son athlète. Mais lorsque le camp débute, voilà que tout change. Dès lors, Jacobs fait fi de ses directives. Puis une dispute survient entre eux au sujet du choix d’un sparring-partner. Rozier doit céder. À partir de ce moment, l’atmosphère devient tendue. Jacobs tient résolument à ce que les choses se passent à sa manière.

PAS SEULEMENT UNE QUESTION D’ARGENT

Après le combat contre Canelo, il n’y a plus eu aucune communication entre Jacobs et Rozier. Pour comble, Rozier a reçu de son ex-athlète un chèque au montant de 100,000$ alors que le montant établi au départ était nettement plus élevé, soit 5% de la bourse (15 millions). Mais cette séparation ne reposait pas seulement sur une question financière.

Pour Rozier, dès le début du camp d’entraînement, Jacobs s’est comporté en «prima donna». Or, il ne suffit pas à un athlète de compter sur son seul talent. Selon Rosier, Jacobs ne voulait plus mettre les efforts nécessaires. Il s’est donc entouré de «yes men». 

Sur ce point, le dernier combat de Jacobs qui s’est déroulé le 27 novembre 2020 contre Gabriel Rosado semble donner raison à son ex-entraîneur. Jamais Jacobs n’avait paru aussi peu actif dans un combat, alors qu’il s’était pourtant promis de donner une leçon à Rosado après que ce dernier l’eut nargué lors de la conférence de presse.

Selon les statistiques enregistrées (CompuBox), Jacobs n’aurait alors touché la cible que 78 fois sur 12 rounds. Ce combat a été somme toute ennuyant! 

LE POINT DE VUE DE DANIEL JACOBS

Auprès des médias, Daniel Jacobs n’a apporté que très peu de précisions à sa version des faits. Une chose est certaine, c’est qu’il tenait à exercer un plus grand contrôle sur sa carrière professionnelle. Outre ceci, Jacobs se contente d’insinuer qu’il avait des motifs suffisamment graves pour avoir quitté son entraîneur.

Par exemple, il semble laisser entendre que Rozier ne lui accordait pas suffisamment de temps de qualité. Sur ce point, il est vrai que la popularité croissante de Rozier avait amené plusieurs boxeurs élites à se joindre à son équipe. S’occupait-il un peu moins de Jacobs qu’il ne le faisait auparavant? Rozier assure que ce n’était pas le cas.

Mais Jacobs est allé plus loin en déclarant que Rozier avait manqué de professionnalisme à son égard. Une telle révélation aurait certainement mérité quelques éclaircissements. Pour notre part, il est probable que cette allusion avait trait à la perte de poids. D’autant que Jacobs avait utilisé le mot «supplice» pour décrire ce que Rozier lui aurait fait endurer lors du camp d’entraînement.

À propos de son affrontement contre Canelo, Jacobs s’était plaint de la difficulté à faire le poids. On sait que pour beaucoup de boxeurs, la déshydratation est le moment le plus difficile à passer, parfois plus pénible que le combat lui-même. Parlez-en à David Lemieux!

La déshydratation peut, dans certains cas, ressembler à une torture. Alors qu’au cours d’un combat, l’adrénaline fait oublier la douleur, l’athlète ne peut nullement échapper à la souffrance liée à la déshydratation, celle-ci insidieusement exacerbée par l’état de passivité auquel il est impossible de se soustraire. Ajoutez à ceci le fait que l’athlète ne peut rien boire. À ses côtés, l’entraîneur apparaît alors comme le bourreau.

Tout compte fait, nous ne croyons cependant pas que cette rupture entre Jacobs et Rozier peut s’expliquer à partir d’un seul point de discorde. Qu’à cela ne tienne! Nous allons plutôt tenter dans les prochaines lignes, sans nécessairement s’en tenir à l’affaire Jacobs-Rozier, de circonscrire les principales causes qui minent potentiellement les relations entre boxeurs et entraîneurs. Le cas échéant, nous nous permettrons alors de suggérer quelques pistes de solutions tout en reconnaissant la possibilité dans certains cas qu’il n’y en ait aucune autre que la rupture. 

« CONTROL FREAK »

Cette expression signifie « obsédé du contrôle ». Vous conviendrez que beaucoup d’entraîneurs peuvent être rangés sous ce vocable. Néanmoins, ce ne sont pas seulement les entraîneurs qui dirigent leurs athlètes d’une main de fer qui correspondent à ce profil. Le coaching est en soi une fonction qui requiert de tout contrôler. D’ailleurs, l’ascension d’un jeune protégé ne justifie-t-elle pas que l’entraîneur ne laisse rien au hasard?

Mais c’est sans compter qu’avec le temps, le protégé est appelé à devenir sous le feu des projecteurs. Après des années dans l’ombre de l’entraîneur, il devient le principal centre d’intérêt. C’est alors que les égos pourraient s’entrechoquer. Plus l’athlète est exposé socialement et médiatiquement, plus il risque de devenir lui-même obsédé par l’envie de tout contrôler.

Bien entendu, ce ne sont pas tous les athlètes qui réagissent de la sorte au moment où ils atteignent certains sommets de popularité. Mais lorsque cela se produit, il ne sera pas facile d’y remédier. De part et d’autre, un certain nombre de concessions devront être négociées. Dans ces situations, l’entraîneur doit donner l’occasion au boxeur d’exprimer son point de vue et, le cas échéant, accepter de revoir sa planification d’entraînement. 

Pour ce qui est du boxeur, le danger est que dans ces cas, celui-ci tienne résolument à avoir le contrôle de toutes les situations dans lesquelles il se trouve, incluant celles pour lesquelles il ne possède pas toute la compétence requise. Il pourrait alors vouloir adopter des standards d’entraînement irréalistes, ce que l’entraîneur trouverait forcément inacceptable. Il n’est donc pas étonnant que ce type de boxeur en vienne ultimement à s’entourer de « yes men ». 

Or, tant pour le boxeur que pour l’entraîneur, l’obsession de vouloir tout contrôler peut malgré tout se résoudre lors d’une solide remise en question. Mais parfois, celle-ci n’est possible qu’après une longue descente aux enfers. La rupture aura été alors un lieu de passage nécessaire à cette transformation!

ATTAQUE VS DÉFENSE

Une autre source de conflit entre un boxeur et son entraîneur peut consister dans la divergence de vues concernant la compréhension et l’assimilation des divers apprentissages. Ce type de désaccord est rarement critique en début de carrière. Mais lorsque les enjeux deviennent majeurs, il y a là une véritable situation à potentiel de crise.

Si cela se passe bien au départ, c’est dû au fait que le jeune boxeur voué à un brillant avenir n’est pas soumis à une très grande adversité au cours des premières années de sa carrière. Bien évidemment, il est tout à fait logique qu’il en soit ainsi dans le but de permettre à cet athlète de progresser à un bon rythme.

La difficulté viendra généralement du fait que cette progression peut être perçue comme étant un jeu d’enfant aux yeux de l’athlète alors qu’elle semble au contraire adéquate du point de vue de l’entraîneur. À ce stade, il n’y a pas de conflit, du moins tant et aussi longtemps que les victoires s’accumulent. Mais à compter du moment où l’athlète subit l’échec, c’est alors que commencent les questionnements. 

Or, cette situation deviendra d’autant plus tendue dans la mesure où ce boxeur éprouvait déjà des lacunes soit en attaque, soit en défensive. Il n’est pas rare qu’un boxeur de grand talent parvienne à s’approcher des premiers rangs mondiaux tout en traînant d’importantes faiblesses dans l’une de ces deux sphères. 

En théorie, l’attaque et la défense sont complémentaires. Mais en pratique, elles s’opposent le plus souvent. C’est que le boxeur a généralement tendance à vouloir améliorer ses forces et à négliger ses faiblesses. Ainsi, lorsque les succès de l’athlète reposent presqu’uniquement sur l’une de ces habiletés, par exemple l’attaque, alors ce sont inévitablement ses lacunes en défensive qui finiront par ressortir au moment où l’opposition sera plus forte.

La recherche d’un équilibre entre l’attaque et la défensive (cet équilibre est habituellement recherché par l’entraîneur) peut alors être contrecarrée par la ferme volonté de l’athlète de ne rien changer, celui-ci croyant pouvoir se sortir d’affaire tout en demeurant dans sa zone de confort. Ultimement, il est probable que cette divergence de vue viendra miner la stratégie à déployer au cours de combats d’importance. Sans prise de conscience de part et d’autre, la rupture deviendra là aussi de plus en plus imminente.

LA PERCEPTION DE L’EFFORT

Parmi les causes de litige entre un boxeur et son entraîneur, figure également la question de l’effort à accomplir pendant les séances d’entraînement. Car nous le savons tous! C’est seulement au prix d’efforts gigantesques et répétés que le boxeur peut atteindre ses objectifs.

En revanche, cet athlète ne doit pas dépasser certaines limites! Même si un boxeur peut supporter à l’entraînement un très haut niveau de fatigue, celle-ci ne doit jamais devenir persistante. Les cas de surmenage et, pire encore, de surentraînement sont bien réels!

C’est d’ailleurs pourquoi les bons entraîneurs vont réajuster constamment la charge de travail dans le but de déterminer les séances d’entraînement au cours desquelles l’athlète peut se donner à fond, sachant qu’à d’autres moments, l’effort sera moins soutenu de manière à favoriser la récupération. Par conséquent, le rôle de l’entraîneur n’est pas chose simple, d’autant que chaque athlète est différent des autres. Comment alors l’entraîneur peut-il identifier, selon le cas, la bonne charge de travail à appliquer? 

Sur ce point, il est fréquemment reproché aux entraîneurs de ne pas tenir suffisamment compte de l’athlète, de son ressenti. Par exemple, c’est souvent le cas des entraîneurs qui se limitent à reproduire l’enseignement qu’ils ont eux-mêmes reçu en tant que boxeur. Dans ce cas, la planification d’entraînement est habituellement appliquée à tous les athlètes indistinctement. Alors que plusieurs d’entre eux vont se satisfaire de ce type d’enseignement, d’autres éprouveront un profond malaise en présence de directives qui ne soient pas davantage individualisées.

Pourtant, l’intérêt que les entraîneurs portent à l’égard du ressenti de l’athlète est sans cesse grandissant. C’est qu’il existe une façon simple et efficace de mesurer le niveau d’effort tel que le perçoit l’athlète. Cet outil est appelé « Échelle de Borg »

Ainsi, à la suite d’un exercice, l’athlète note sa perception d’effort sur une échelle de 1 à 120.  En plus, il est invité à décrire le type d’intensité qu’il a éprouvées, lesquelles peuvent s’échelonner de « Aucune » à « Maximale ». Tout en haut de l’échelle, se situe l’intensité « Maximum Absolu » qui équivaut à fournir un effort tellement grand qu’il surpasserait tout ce que l’athlète a fait au cours de sa vie.

Dans certains sports, il est assez simple de quantifier l’intensité et l’engagement de l’athlète. Chez les coureurs, on utilise le fameux pace (temps de course). C’est la durée en minutes et en secondes pour parcourir un kilomètre. Ce procédé est aussi utilisé chez les cyclistes. En plus, ceux-ci ont recours à des capteurs de puissance; il s’agit d’un appareil adapté au pédalier du vélo permettant de mesurer l’intensité déployée par l’athlète. 

Le problème, c’est que la boxe est un sport acyclique. Contrairement à la course et au vélo, la boxe n’est pas basée sur la répétition d’un mouvement continu et régulier. Elle est plutôt du type intermittent, c’est-à-dire composée d’actions explosives entrecoupées d’efforts de moindre intensité.

Vous comprendrez qu’il est difficile de comptabiliser efficacement l’intensité et l’engagement du boxeur lors de ses combats et sparrings. C’est pourquoi il est tout à fait approprié dans ce cas de recourir à l’échelle de perception de l’effort. Voyons quelques-uns des avantages qu’elle procure.

D’abord, l’échelle de perception de l’effort est réputée comme étant un moyen de détection précoce du surentraînement ainsi que des blessures. Par exemple, dans sa forme débutante, le surmenage laisse paraître certains indices avant-coureurs que l’autoévaluation peut permettre d’identifier avant que le problème devienne difficilement réversible. 

La perception de l’effort est aussi un outil indispensable pour ce qui est de la planification d’entraînement. Même si la charge d’entraînement déterminée par l’entraîneur va lui procurer un feedback intéressant, il faut bien admettre que celle-ci ne donne aucune information concernant le niveau de fatigue résultant de facteurs externes (sommeil déficient, tension familiale, stress persistant, etc…). Par conséquent, l’autoévaluation de l’athlète représente pour l’entraîneur un outil essentiel et complémentaire dans la détermination de la charge d’entraînement.

L’utilisation de la perception de l’effort permet également d’individualiser la charge d’entraînement. Notamment dans les sports sollicitant les réserves énergétiques, comme la boxe, il importe de préserver l’équilibre entre performance et récupération. L’échelle offre ici l’opportunité à l’entraîneur de varier la planification de ses séances d’entraînement en tenant compte du ressenti déterminé par l’athlète.

Enfin, la perception de l’effort peut aussi constituer une démarche interactive fructueuse entre le boxeur et l’entraîneur. Même si au départ, le jeune boxeur éprouve généralement beaucoup de difficulté à exprimer son ressenti – particulièrement en boxe, reconnaître la fatigue est tabou – les encouragements de l’entraîneur l’amèneront éventuellement à gagner en confiance et à s’ouvrir à une plus grande verbalisation.

VARIER LES APPROCHES AVEC L’ÂGE

Avec l’âge, certains ralentissements sur le plan physique pourraient également constituer l’un des facteurs de divergences entre un boxeur et son entraîneur. Ici encore, la perception de l’effort pourrait entrer en jeu.

En fait, le déclin des aptitudes physiques commence généralement dès l’âge de 30-35 ans. Évidemment, ceci peut varier considérablement d’un individu à un autre selon la génétique de chacun, mais aussi en fonction de l’hygiène de vie. Dès les 30-35 ans, on a donc noté que les capacités musculaires, cardiaques ainsi que du système nerveux central diminuent d’environ 0,5% par année. Ce déclin serait encore plus important pour ce qui est des capacités respiratoires. Et il en est de même pour tous les autres systèmes que le corps utilise pour récupérer. Enfin, les technologies modernes permettent également de démontrer qu’il y a alors une diminution de la masse musculaire ainsi que des fibres de type rapide. 

Le cas échéant, l’échelle de perception de l’effort pourrait encore avoir son utilité afin de déceler ce moment où peut survenir un quelconque ralentissement d’un boxeur. Il est important ici de préciser que ce ralentissement ne signifie pas nécessairement une baisse de performance. Or, pour éviter une telle baisse, l’athlète doit cependant compenser ce déclin en améliorant les aspects de son sport qu’il aurait négligés jusqu’alors (ex : la technique, la gestion et la planification d’entraînement, la stratégie de combat et notamment la récupération). 

Pour ce faire, il va de soi que la relation entre le boxeur et l’entraîneur ne doit pas avoir été trop secouée par ce changement. Il faut alors compter sur une prise de conscience de part et d’autre. C’est très possible! À titre d’illustration, nous vous invitons à regarder la vidéo qui suit. Elle a le mérite d’exprimer une belle dynamique entre un haltérophile et son entraîneur. Ceux-ci ont su apporter plusieurs changements et adaptations en regard de l’âge. Concrètement, ils ont compris qu’il fallait alors diminuer les charges d’entraînement et augmenter la récupération. 

1min43 jusqu’à 5min50sec

LA CATÉGORIE DE POIDS

En terminant, pourquoi pas revenir sur ce qui nous est apparu comme ayant été le principal sujet de discorde entre Jacobs et Rozier? Précédemment, nous avons évoqué que le conflit au sujet de la catégorie de poids avait probablement été à l’origine de leur mésentente. On sait que Jacobs souhaitait passer de la catégorie des 160 lbs à celle des 168 lbs alors que Rozier ne l’entendait pas ainsi. 

Or, il faut bien reconnaître que Jacobs était demeuré chez les poids moyens depuis ses débuts professionnels. Ce n’est donc pas étonnant qu’avec les années, il soit devenu à ce poids un boxeur de plus en plus imposant sur le plan physique. Dans le jargon de la boxe, on dira alors que Jacobs était considéré comme étant « un gros 160 lbs ». Ceci était particulièrement flagrant lors de ses affrontements contre Quillin, Golovkin et Derevyanchenko. Par contre, pour être aussi imposant, il lui a certainement fallu trimer dur pour faire le poids!

Vous pouvez imaginer l’imbroglio. Alors Rozier tenait à ce que Jacobs demeure dans la même catégorie de poids afin de profiter d’un avantage physique, celui-ci considérait au contraire qu’il était dorénavant le temps de procéder à un changement compte tenu des difficultés que lui posait la déshydratation. Lequel des deux était le mieux placé pour en décider? 

Pour répondre à cette question, il manque cependant une information importante à propos de ce que nous avons appris du conflit Jacobs-Rozier. Y avait-il un nutritionniste dans l’équipe? Il serait aberrant qu’il n’y en ait eu aucun! Notamment lorsqu’il y a mésentente concernant le poids d’un athlète, le recours à un nutritionniste nous apparaît crucial. 

Même si au bout du compte, le nutritionniste ne peut aucunement imposer ses directives, le boxeur pouvant négliger de s’y conformer, il demeure que ce spécialiste est le mieux placé pour donner un éclairage fiable et approfondi sur la possibilité ou non de passer à une nouvelle catégorie de poids (détermination de l’alimentation en fonction de la prise ou de la perte de poids, l’analyse et le suivi du taux de gras par rapport à la masse maigre, etc…)

Par ailleurs, on nous rétorquera sans doute que le recours à un nutritionniste ne règle pas tout. En effet, même si l’opinion du nutritionniste est souvent nécessaire, elle ne suffit pas toujours à apporter une solution définitive et complète de la question. En fait, demeurer ou monter de catégorie de poids implique certains questionnements auxquels le nutritionniste ne peut pas répondre. Par exemple, qu’en est-il de la vitesse et de la force de frappe? Certains boxeurs vont transporter avantageusement leurs capacités physiques d’une catégorie de poids à une autre alors que celles-ci vont au contraire décliner chez d’autres boxeurs. 

Sommes-nous revenus à la case départ? Pas tout à fait, ce qui importe est que le boxeur et son entraîneur partagent toutes les données objectives entourant la question. Parfois, il est même utile de recourir à une assistance externe. À ce stade, l’important est de prendre un certain recul, lorsque la situation le permet.

CONCLUSION

Dans cet article, nous avons relevé plusieurs situations susceptibles de provoquer une rupture entre un boxeur et son entraîneur. Bien évidemment, notre examen de ces cas ne se voulait pas exhaustif, pas plus que le choix des pistes de solutions que nous avons proposées. 

D’autres situations pourraient s’ajouter à cette liste. Par exemple, qu’en est-il des facteurs psychologiques (mauvais stress, baisse de motivation ou de concentration, problème de sommeil, etc…)? Ce sont encore des situations auxquelles boxeurs et entraîneurs peuvent être confrontés. Le cas échéant, l’objectif sera alors, comme dans tous les cas de conflit, de préserver la relation de confiance entre tous les membres de l’équipe, sans quoi cette situation pourrait atteindre rapidement son point de rupture.

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