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La tempête de Laval soufflera la bombe irlandaise

La tempête de Laval soufflera la bombe irlandaise

Un texte de Vincent Morin

BOSTON, 22 août 2020 – La bulle de Top Rank est prête pour son premier combat d’envergure et les fans de boxe du Québec s’en réjouissent! Faute de pouvoir boxer dans la belle province, Eleider Alvarez voudra causer une tempête dans la Ville du Vice lors de son combat éliminatoire au titre WBO des mi-lourds face à Joe Smith Jr.

Le choc de titans entre La Tempête de Laval (Storm) et The Irish Bomber de New York est non seulement intriguant, mais il permettra également au gagnant de se battre pour le titre mondial vacant de la WBO face au vainqueur du duel entre les Russes Maksim Vlasov et Umar Salamov.

Est-ce que le Colombien d’origine pourra retrouver le même feu dans les yeux que lors de la conquête de son championnat du monde face à Sergey Kovalev en 2018?

Il s’agira d’une deuxième sortie pour Alvarez (25-1-0, 13 KO) en 2020, les deux en territoire américain. Le 18 janvier dernier, à Verona dans l’État de New York, il a réussi à ce jour un des knockouts les plus spectaculaires cette année en assommant le dur à cuire Michael Seals avec un puissant overhand de la main droite.

Ce gain a permis de mettre un baume sur sa première défaite chez les professionnels subie 11 mois auparavant lors de la revanche avec Kovalev.

Quant à Smith (25-3-0, 20 KO), il est lui aussi revenu sur le sentier de la victoire au tout début de l’année en l’emportant par décision partagée sur Jesse Hart.

Si on analyse les forces et faiblesses, le Colombien de Laval a le-dessus.

Son bagage amateur international impressionnant, avec une médaille d’or aux Jeux Panaméricains de 2007 et une qualification aux Jeux Olympiques de Pékin, est nettement plus prestigieux que quelques championnats régionaux des Gants Dorés de New York, le plus haut fait d’armes de Smith chez les amateurs.

Ayant évolué au plus haut niveau chez les amateurs, les habiletés de boxeur pur d’Alvarez sont évidemment supérieures à celles de Smith. Le jab des ligues majeures du poulain de Marc Ramsay, tout comme son jeu de jambes et ses feintes sont des cartes que le gladiateur natif de la grosse pomme ne possède guère. Il n’y a pas de secret dans la boxe de ce dernier: malgré des pas plutôt malhabiles et peu synchronisés, il est agressif, hargneux, très actif et ne craint pas la bagarre, ni le corps à corps. Faute d’élégance, il est fort comme un boeuf, frappe souvent et frappe dur.

L’expérience professionnelle est également à l’avantage d’Alvarez, avec 180 rounds disputés contre 114. Il compte à son tableau de chasse trois ex-champions du monde (Sergey Kovalev, Jean Pascal et Lucian Bute), tandis que Smith en compte un (Bernard Hopkins).

Côté menton, les deux hommes sont réputés pour bien encaisser les coups. Alvarez n’a été arrêté qu’une seule fois en plus d’une centaine de duels chez les amateurs (au championnat du monde 2007 face à un Égyptien) et n’a jamais visité le tapis chez les professionnels, même s’il a affronté des cogneurs de la trempe de Sergey Kovalev (deux fois) et d’Edison Miranda.

Le New Yorkais a quant à lui été stoppé à une seule reprise en carrière, en 2010 face au combattant local Eddie Caminero, qui lui avait brisé la mâchoire. Cette même fracture a été subie de nouveau face au Cubain Sullivan Barrera en 2017. Pour cette raison, Alvarez a un léger avantage à ce niveau.

Côté entraîneur, Marc Ramsay est beaucoup plus expérimenté que l’ancien boxeur Gerard Capobianco. ESPN a d’ailleurs récemment reconnu la valeur du Québécois à titre d’entraîneur de niveau mondial.

Le gabarit est assez similaire. Les deux hommes mesurent six pieds et ont enregistré un poids de 174 livres et des poussières à la pesée officielle. Ils ont tous deux évolué chez les mi-lourds pour la majeure partie de leur carrière.

Le seul avantage que possède Smith est au nouveau de la force de frappe. Ses 20 victoires par KO en 25 victoires ne mentent pas. Alvarez possède une puissance surprenante tout de même, mais sur un seul coup de poing, elle ne se compare pas à l’Américain aux racines irlandaises.

L’image du légendaire Bernard Hopkins sorti du ring par ce travailleur de la construction de métier est d’ailleurs toujours bien présente dans la tête de la majorité des amateurs du noble art.

Ça va brasser à Vegas samedi soir. Mais qui fera trembler la bulle? La tempête de Laval ou la Bombe Irlandaise? Misez un petit deux sur notre Québécois d’origine…par décision unanime. Le face-à-face a lieu dans la ville du jeu après tout!

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