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Je n’aime plus la boxe

Je n’aime plus la boxe

 On a peine à haïr ce qu’on a bien aimé, et le feu mal éteint est bientôt rallumé. – Pierre Corneille

L’heure est grave mais j’ai tout dit dans le titre. Je ressens une énorme peine d’amour en ce début d’année, la boxe ne me plaît plus. Je crois que je me suis fait prendre à l’usure, j’ai abusé de tous ses combats présentés sur des sites de streaming louche où je dois plisser des yeux pour fermer les petits X. Rendu à mon âge et avec ma santé, je ne peux plus attendre des années avant d’obtenir les combats que je veux voir, c’est sans compter la prolifération des ceintures, les exagérations des promoteurs et le système de classement qui m’engage. Dorénavant, je passe mes samedis sur Facebook rencontres et le terme round de championnat prendra un nouveau sens.

Autopsie d’un divorce : raison no 1

Le Québec est à son plus faible depuis 20 ans.

J’ai cette mauvaise tendance de m’investir dans la carrière de nos boxeurs. Dans ma tête, le trio Germain/Ulysse/Jukembayev allait donner forte opposition à celui Prograis/Ramirez/Taylor…. il n’aura fallu que la présence d’Uriel Perez et Ismail Barroso pour me refroidir. Je m’en suis payé des billets au théâtre Olympia ou au Métropolis pour voir Steven Butler descendre des allemands, finlandais et américains en finale de soirée. Mon enthousiasme s’est freiné d’un coup sec pendant que je me rendais au travail la VEILLE de Noël. Simon Kean face à Dillon Carman après avoir loué une véhicule et conduit pendant 6 heures pour se rendre à Québec. Je déteste aussi Ricky Sismundo, Kell Brook, Miguel Vazquez et Mponda Kalunga qui m’ont fait réaliser que le Québec ne peut pas rivaliser avec les systèmes de développement présent en Ukraine, Russie, Uzbékistan et Kazhakstan. Je ne vois pas de talent générationel dans la cohorte de boxeurs québécois actuels et ni Artem ni Saddridin ne semblent être doués pour apprendre le français et s’intégrer.

Raison n° 2 : les classements

Je suis blasé de me perdre à travers autant de ceintures de championnats et il y a une conséquence à tout cela. Je vais rester au Québec pour imager mon propos, comment Erik Bazynian et Steve Butler ont pu se retrouver aspirant n° 1 de leur catégorie de poids sans avoir à vaincre un top 40 de la division ou même participer à un combat pour le rôle d’aspirant obligatoire. J’aurais pu vous nommer une tonne d’aspirants américains sans problème rien contre nos Québécois ici.

IBF 200 livres : Ruslan Fayfer

IBF 175 livres : Fanlong Meng

WBA 168 livres : Lennox Allen WBO : Rohan Murdock

WBA 140 livres : Alberto Puello IBF : Apinan Sakkreekin

Des illustres inconnus pour la plupart qui d’un coup de baguette magique sont apparus aspirant n° 1.

Raison n° 3 : les promoteurs et leurs entourages.

Tout a été dit sur le dossier Kim Clavel et EOTTM, dur pour moi d’être neutre mais je supporte ma petite amie à 100% dans ses décisions sur le plan professionnel et personnel. Je ne commenterai pas plus. Je constate que les promoteurs prennent de plus en plus de mauvais plis récemment. Trop souvent, les adversaires prévus ont des problèmes de visa qui nous laissent avec des adversaires de remplacement de moindre qualité.

Konstantin Ponomarev – Jose Carlos de la Paz

Un Africain – Julian Fernandez

Luis Alberto Veron – Ricardo Lara

Brad Solomon – Alejandro Davila

Vous avez compris le concept, j’ai été aussi échaudé par un ancien boxeur maintenant employé d’une organisation de boxe qui par des explications tirées par les chevaux tente d’expliquer du matchmaking mou sur la page Boxingtown Québec, un contrat plutôt difficile car nos abonnés sont allumés. Trop de problèmes de visa, trop d’adversaires de dernières minutes, trop de combats faciles à prédire auront eu raison de ma fougue et mon amour de la boxe.

Raison n° 4 : les morts m’ont fragilisé

Le sujet est délicat mais depuis qu’il y a eu mort d’hommes sur le ring en 2019, j’éprouve un profond malaise quand j’assiste à des combats dont le seul enjeu est de monter la fiche du boxeur local. Encore jeudi sur DAZN, je voyais un prospect connecter des gauches comme un couteau chaud dans de la margarine et je me disais « Il progresse aujourd’hui . », pas la moindre résistance ou défensive… juste un gars trop tough pour son bien-être qui continuait d’avancer dans les coups même en titubant. Ça existe le gonflage de fiche en boxe et il y a un danger pour ses pauvres adversaires venue se sacrifier.

Je vais quand même écouter des combats, faire un podcast et alimenter mes médias sociaux. Seul changement, je vais choisir ce que je veux regarder, Luke Keeler vs Demetrius Andrade… je vais me blottir contre ma douce devant épidémie et un chocolat chaud.

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