• 15 avril 2024
  • Last Update 16 octobre 2023 10 h 47 min
  • Montréal

Ils étaient dix

Ils étaient dix

Saviez-vous que si vous vouliez devenir champion du monde de boxe, 82 ceintures, dans maintenant 18 catégories de poids, étaient à votre disposition pour réaliser votre rêve? Avec la présence de plusieurs champions unifiés, il y a donc sur cette terre 62 hommes qui peuvent actuellement se vanter d’être champion du monde.

Les organisations telles que l’International Boxing Federation (IBF) et la World Boxing Organization (WBO) sont les plus rigoureux, avec 17 titres chacune, suivies de la World Boxing Council (WBC) avec 21 titres (incluant celui des Bridgerweight, deux titres « Franchises » et deux titres intérimaires). Finalement, il y a la World Boxing Association (WBA), beaucoup plus généreuse, avec 27 titres (incluant dix champions « régulier »). Il faudrait toutefois vous dépêcher si vous rêvez de l’un de ces 82 titres mondiaux, car ce nombre devrait passablement diminuer puisque pour le grand bonheur des fans de boxe, les champions « réguliers » sont en voie d’extinction…

Tout a commencé le 7 août dernier, alors que Gabriel Maestre et Mykal Fox s’affrontent au Minnesota dans un combat pour un superflu titre intérimaire des mi-moyens. Après 12 rounds, Mykal Fox se fait véritablement voler par les juges dans une décision unanime. La carte la plus absurde est de loin celle de Gloria Martinez Rizzo (117-110) qui avait pourtant été auparavant « juge féminine de l’année » selon la WBA (déjà là, une relation douteuse entre une juge et une fédération de boxe). Dans les semaines à venir, madame Martinez Rizzo est suspendue par la WBA et on apprend même qu’elle a publié plusieurs tweets racistes, dont un qui traite notamment l’ex-première dame des États-Unis, Michelle Obama de singe. Pour se rattraper, la WBA ordonnera un combat revanche entre Maestre et Fox, mais Fox, clairement encore fâché le refusera tout de suite. D’ailleurs, le combat remonte à maintenant huit mois et aucun des deux hommes ne s’est rebattu ou n’a de combat à l’horaire.

La goutte qui a fait déborder le vase de la situation ridicule de la WBA, qui avait alors 55 titres mondiaux à elle seule, c’est quand l’Association of Boxing Commissions (ABC) d’Amérique du Nord a appelé à un boycott de la WBA, tant et aussi longtemps qu’elle ne ferait pas un ménage de sa liste de champion. À la fin du mois d’août, le président de la WBA a finalement abdiqué en retirant les titres intérimaires du marché et en considérant les titres WBA « Gold » comme des titres mineurs plutôt que de champions, faisant ainsi passer le nombre de 55 à 31. Avec l’abandon de certains titres et la consolidation, ce nombre est maintenant à 27.


Voici donc, sans plus attendre, les dix derniers des « champions » de cette époque qui, comme tout le monde l’espère, sera bientôt révolue.


Trevor Bryan (22-0-0) – Poids lourd

Sans doute celui qui est le moins crédible, il est devenu champion intérimaire en 2018 en battant BJ Flores, surtout connu comme étant maintenant entraineur de Jake Paul. Il ne remontera sur le ring que trois ans plus tard, dans une étrange tournure d’événement organisée par son promoteur Don King, pour devenir champion régulier en battant nul autre que Bermane Stiverne. Finalement, un an plus tard, lors du weekend dernier, dans une autre tournure d’événement dont seul Don King a le secret, il a défendu son titre contre le pêcheur de crevette Jonathan Guidry, alors invaincu (17-0-2) et mystérieusement apparu dans le top 15 quelques semaines plus tôt.

Le cirque de Don King pourrait bien toutefois en arriver à sa fin, puisque la WBA lui ordonne maintenant d’affronter l’anglais Daniel Dubois, qui devrait être astronomiquement favori, d’ici la fin du mois de juillet. Autre fait intéressant, la WBA a aussi ordonné un combat éliminatoire entre le suédois Robert Helienus (#3) et l’anglais Hughie Fury (#4), ce qui veut dire que l’organisation n’a pas l’intention d’éliminer le titre dans l’immédiat en ordonnant un combat contre le « super » champion Oleksandr Usyk.

Cela pourrait donc représentant une double opportunité de championnat pour le « Lion », Arslanbek Makhmudov qui est actuellement classé 8e par la WBA…


Ryad Merhy (30-1-0) – Poids lourd-léger

C’est le néant là aussi, la seule défaite du Belge est justement contre le « super » champion, Arsen Goulamirian, qui ne s’est pas battu depuis 2019 et dont le retour contre son aspirant obligatoire Aleksei Egorov (#2) a été annulé en raison de la COVID-19. Pour en revenir au Belge, il défendra son titre en mars prochain, en Russie, contre Evgeny Tishchenko (#15).


David Morrell Jr. (6-0-0) – Poids super-moyen

Le Cubain vivant maintenant au Minnesota a effectué sa première défense de titre en décembre dernier contre Alantez Fox (frère de Mykal mentionné plus haut). Il n’a que 24 ans, regorge de talent, n’est représenté par nul autre qu’Al Haymon et il est fort probable qu’il devienne le seul maitre de la WBA chez les super-moyens si Canelo Alvarez abandonne ses titres éventuellement.


Erislandy Lara (28-3-3) – Poids moyen

Autre talentueux Cubain représenté par Al Haymon, il avait passé bien près de battre Canelo Alvarez en 2014 et a même ensuite battu son frère Ramon en 2019. Avec un KO au premier round sur un Thomas « Cornflake » Lamanna, qui était visiblement overmatched, il a délaissé son titre régulier des 154 pour celui des 160. Le « super » champion actuel, Ryoto Murata, ne s’est pas battu depuis sa victoire contre Steven Butler en 2019 et si le combat contre Gennady Golovkin ne se matérialise pas, le Japonais aurait tord de considérer le vieux Lara comme battu d’avance.


Radzhab Butaev (14-0-0) – Poids mi-moyen

Le Russe a surpris Jamal James pour s’emparer du titre en novembre dernier. Il a ensuite accepté un combat contre Eimantas Stanionis, l’aspirant obligatoire du « super » champion Yordenis Ugas, pour ainsi paver la voie au combat d’unification entre Ugas et Errol Spence Jr qui devrait avoir lieu le même soir. Les gagnants devraient ensuite s’affronter, au grand dam de ceux qui espèrent un combat voir un combat entre Terence Crawford et le gagnant de Ugas-Spence…

Gervonta Davis (26-0-0) – Poids léger

Le protégé des Floyd Mayweather Jr est le roi des titres « régulier ». Avant que la WBA l’oblige à choisir, il possédait celui des superplumes, légers et super-légers. Il devrait affronter son aspirant obligatoire et ex-champion intérimaire, Rolando Romero au printemps prochain. Un combat contre le « super » champion George Kambosos Jr semble improbable à court terme, alors qu’on lie davantage l’Australien à Vasyl Lomachenko et Devin Haney…


Leigh Wood (25-2-0) – Poids plume

Dans un duel intéressant, il devrait affronter son aspirant obligatoire Michael Conlan (16-0-0) en mars prochain. Le gagnant pourrait ensuite consolider son titre avec le « super » champion Leo Santa Cruz. Ce dernier n’a pas défendu son titre depuis 2019 et ne s’est pas battu depuis sa violente défaite contre Gervonta Davis (chez les superplumes), mais devrait remonter sur le ring pour reprendre la forme ce weekend contre Keenan Carbajal.


Joshua Franco (18-1-2) – Poids super-mouche

Celui qui est représenté par Golden Boy Promotions s’est récemment offert pour remplacer son « super » champion Juan Francisco Estrada dans un combat contre le légendaire Roman Gonzalez, mais c’est le nom du champion WBC de la catégorie inférieure, Julio Cesar Martinez, qui fut retenu. Si Estrada se remet vite de la COVID-19 et qu’il affronte le gagnant, Franco pourra peut-être espérer avoir sa chance à la fin de l’année ou au début de l’année prochaine…


Esteban Bermudez (14-3-2) – Poids mi-mouche

Il devait consolidé son titre avec Hiroto Kyoguchi au début de l’année, mais ce dernier s’est blessé et il va donc donner un combat revanche à Carlos Canizales (23-1-1) à qu’il avait ravi le titre « régulier » en 2021. Le « super » champion japonais représenté par Eddie Hearn devrait ensuite affronter le gagnant plus tard cette année.


Erick Rose (5-0-0) – Poids paille

À 21 ans, avec moins de 14 mois d’expérience dans les rangs professionnels, le Dominicain est devenu champion « régulier » à son cinquième combat en décembre dernier en l’emportant contre Vic Saludar par décision partagée. Se disant prêt pour le « super » champion dans « un ou deux combats », il devra justement affronter le gagnant du combat entre Byron Rojas (27-4-3) et Leyman Benavides (19-6-1). Ensuite, il devra vraisemblablement mériter sa chance contre le « super » champion invaincu en question, soit le Thaïlandais dénommé Thammanoon Niyomtrong (23-0-0), affectueusement appelé « Knockout CP Freshmart » par ses proches.


Qui sera le dernier debout? À vous dans juger.

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