• 15 avril 2024
  • Last Update 16 octobre 2023 10 h 47 min
  • Montréal

Christopher Guerrero : « comme dans un jeu vidéo »

Christopher Guerrero : « comme dans un jeu vidéo »

C’est en train de devenir une habitude, mais Christopher Guerrero l’a emporté avant la limite jeudi soir dernier. Après quelques bonnes attaques au corps, la signature de « Machine Gun », c’en était fini pour son adversaire, Edwin Villarreal Flores, au 3e round du combat présenté au Casino de Montréal, par Eye of the Tiger Management (EOTTM).

« Pour moi, c’est comme jeu vidéo ; mon entraineur (Giuseppe Moffa) a la manette de PlayStation dans les mains et moi je ne fais qu’exécuter », image le boxeur montréalais.

Fort de cette victoire, Guerrero demeure ainsi invaincu en six combats, avec deux ko’s à sa fiche, soit ces deux dernières performances. Dans le coin de Flores, il s’agit d’une première défaite à sa cinquième sortie.

À sa deuxième sortie de six rounds, « Machine Gun » n’a eu besoin que de la moitié de ceux-ci pour l’emporter (crédit photo : Vincent Ethier, EOTTM).

La mentalité des grands

D’un combat à l’autre, Christopher Guerrero semble avoir la courbe de progression dont rêve n’importe quel boxeur, promoteur ou entraineur. Justement, aux yeux de l’homme qui tient la « manette », Guiseppe Moffa, Guerrero n’a que lui-même à remercier pour le succès grandissant qu’il connait actuellement.

« Il est tout le temps dans le gymnase, c’est un ‘gym rat', comme on dit. Il adore la boxe, il vit de la vie, il regarde la boxe quand il arrive chez eux, ‘fac’ quand t’as cette attitude-là, tu ne peux pas ne pas t’améliorer », raconte-t-il, en soulignant aussi le talent, la défensive, la maturité donc la polyvalence de son boxeur.
Au yeux de son entraineur, bien que Guerrero démontre de plus en plus son potentiel offensif, son potentiel défensif est aussi à souligner (crédit photo : Vincent Ethier, EOTTM).

Une semaine productive à Cuba

Pour ce combat en particulier, Christopher Guerrero a aussi pu miser sur un camp d’entrainement différent des autres. Pendant un peu plus d’une semaine, il était à Cuba, non pas pour la plage, mais bien l’entrainement, accompagné de Junior Ulysse et de leur entraineur commun, Giuseppe Moffa : « C’était super le fun, pendant huit jours, moi et Junior, on a appris beaucoup sur la boxe, mais aussi sur nous même. Overall, c’était vraiment juste une belle expérience », a confié ‘Machine Gun’.

Pour l’entraineur du Centre sportif Ulysse Nation, le discours est le même. À l’entendre parler, même une semaine de vacances n’aurait pas pu être aussi belle que les huit jours de travail acharné passés à Cuba.

« C’était exceptionnel. On a appris, là-bas, la boxe est tellement différente, très technique […], ça a porté fruit pour ‘Chris’. On a fait beaucoup de sparring, on vivait dans la campagne, c’était merveilleux… vraiment merveilleux », complète Giuseppe Moffa.

Un « élève » de la boxe

Traduction libre de l’expression anglaise « a student of the game ». Christopher Guerrero n’a encore que 21 ans, avec le temps qu’il passe au gymnase, que ce soit au Canada ou à Cuba, il apprend encore chaque jour à l’entrainement. Hors du gymnase, même une fois sur le ring, avec seulement six combats à son compteur, il dit lui-même encore s’adapter.

« Je m’habitue encore à l’action, même aux plus petits gants [qu’en boxe amateur], et surtout, je réalise de plus en plus que chaque coup compte », affirme le boxeur qui a appris que l’une des armes les plus redoutables afin d’obtenir des ko’s est parfois la « patience ».

Voulant continuer d’apprendre, Guerrero espère revenir sur le ring le plus tôt possible, voir le mois prochain si une place se libère sur la carte du 23 mars. À moyen terme, il aimerait se battre au moins quatre autres fois cette année, en concluant cette dernière en passant à des combats d’une durée de six à huit rounds.

Si tout ce passe comme il le désire, l’année 2023 sera la plus active de la jeune carrière professionnelle de Guerrero (crédit photo : Vincent Ethier, EOTTM).

La fierté d’un père

C’était de beau de voir Oscar, le père de Christopher Guerrero, jeudi soir. Près de son fils, autant sur le ring qu’en dehors, le sourire aux lèvres, la fierté était palpable autant dans son visage que dans ses paroles.

Cela fait un peu plus de 10 ans qu’Oscar a amené Christopher dans un gym de boxe pour la première fois. Le père natif du Mexique n’a jamais voulu que son fils ne se batte dans les rues, il voulait simplement qu’il apprenne à se défendre de l’intimidation qu’il vivait à l’école.

Aujourd’hui, cela a porté fruit, car Christopher ne se bat plus dans la cour d’école, mais bien dans un ring de boxe pour gagner sa vie de son noble sport. Oui, le fils a gagné un autre combat, jeudi soir, mais quand on lit les yeux de son père, on constate que c’est aussi à la vie que clan Guerrero a gagné, rien de moins. Vous auriez dû voir cette fierté, elle illuminait tout le Casino.

De gauche à droite : Oscar David Guerrero, Mike Moffa, Camille Estephan, Christopher Guerrero, Giuseppe Moffa et Antonin Décarie (crédit photo : Vincent Ethier, EOTTM).
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